BAES branchement et section de câble : comment dimensionner correctement votre ligne ?

Le branchement d’un BAES repose sur un câble à cinq conducteurs et une section de 1,5 mm² dans la quasi-totalité des installations. Cette réponse, que l’on retrouve partout, ne suffit pas à garantir un câblage conforme. La section de câble dépend aussi de la longueur de la ligne, du nombre de blocs raccordés et de la capacité réelle des borniers intégrés aux blocs de secours.

Contrainte des borniers BAES sur la section de câble admissible

Les guides de dimensionnement se concentrent sur le courant et la chute de tension, mais ignorent souvent une limite physique : la taille des borniers du bloc autonome. Sur les modèles récents de BAES d’évacuation, les connecteurs n’acceptent généralement pas de section supérieure à 2,5 mm².

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Cette contrainte mécanique signifie qu’augmenter la section pour compenser une longueur de câble importante n’est pas toujours possible sans adaptateur ou boîte de dérivation intermédiaire. Avant de choisir un câble, la fiche technique du BAES doit être consultée pour connaître la section maximale admise par ses bornes.

Sur les blocs SATI adressables de dernière génération (conformes aux normes NF C 71-800 et NF C 71-820), les borniers restent dimensionnés pour du câble courant. Le passage à un câble de section supérieure à 2,5 mm² nécessite un raccordement externe, ce qui complexifie l’installation et allonge le temps de pose.

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Tableau électrique ouvert montrant différentes sections de câbles et le disjoncteur dédié au circuit BAES, pour illustrer le dimensionnement d'une ligne d'éclairage de sécurité

Câble 5G1,5 pour BAES : pourquoi cinq conducteurs sont nécessaires

Le câble utilisé pour le branchement d’un BAES est un câble 5G1,5 (cinq conducteurs de 1,5 mm² avec terre). Ce choix n’a rien d’arbitraire : chaque conducteur remplit une fonction distincte dans le circuit.

  • Deux conducteurs (phase et neutre) assurent l’alimentation permanente du bloc, qui maintient sa batterie en charge
  • Un conducteur supplémentaire transporte le signal de télécommande, qui permet la mise au repos groupée des BAES lors d’une coupure volontaire du bâtiment
  • Le conducteur de terre assure la protection des personnes
  • Le cinquième fil sert à la détection de l’état du circuit d’éclairage normal, pour que le BAES s’allume automatiquement lorsque l’éclairage du local est coupé

Utiliser un câble à trois conducteurs (3G1,5) prive le bloc de la fonction télécommande et parfois de la détection automatique. L’installation reste fonctionnelle en apparence, mais elle ne respecte pas les exigences de la norme NF C 71-800 et pose un problème lors des vérifications périodiques.

Section 1,5 mm² ou 2,5 mm² : critères de choix selon la longueur du circuit

Pour un circuit BAES, le disjoncteur de protection est généralement calibré à 6 A, voire 10 A. Avec un tel calibre, la section de 1,5 mm² suffit largement du point de vue de l’intensité : la consommation d’un BAES LED d’évacuation ne dépasse pas quelques watts.

Le problème se pose ailleurs. Sur des longueurs de câble importantes (couloirs de grande longueur, bâtiments industriels), la chute de tension peut devenir significative. La chute de tension acceptable ne doit pas dépasser 3 % sur un circuit d’éclairage selon les prescriptions courantes de la NF C 15-100.

Quand passer en 2,5 mm² sur un circuit BAES

Sur une ligne courte (quelques dizaines de mètres avec peu de blocs), le 1,5 mm² ne pose aucune difficulté. En revanche, lorsque la ligne alimente plusieurs BAES en série sur un parcours dépassant la centaine de mètres, la résistance du câble augmente suffisamment pour justifier un passage en 2,5 mm².

Ce passage en section supérieure doit être recoupé avec la capacité des borniers du bloc, comme évoqué plus haut. Si les borniers n’acceptent que du 1,5 mm², la seule solution propre consiste à fractionner le circuit en plusieurs départs depuis le tableau.

Protection et raccordement au tableau électrique

Le circuit BAES doit être protégé par un disjoncteur dédié, distinct des circuits d’éclairage normal. Ce point est souvent mal compris : le BAES ne se raccorde pas sur le même disjoncteur que les luminaires du local qu’il protège.

La raison est simple. Si le disjoncteur de l’éclairage normal déclenche, le BAES doit détecter cette coupure pour passer en mode secours. S’il est raccordé sur le même circuit, il perd son alimentation en même temps que l’éclairage et ne peut plus remplir sa fonction de détection.

Nombre de BAES par circuit et par disjoncteur

La norme ne fixe pas un nombre maximal strict de BAES par circuit, mais la pratique courante limite le raccordement à une vingtaine de blocs d’évacuation par disjoncteur. Au-delà, le courant cumulé de charge des batteries peut s’approcher du calibre du disjoncteur, et la fiabilité de la ligne de télécommande diminue.

Sur les installations utilisant des blocs SATI adressables, chaque bloc communique son état à une centrale. Le câblage reste identique en 5G1,5, mais la gestion des défauts est centralisée, ce qui simplifie la maintenance sans modifier la section de câble.

Ingénieure électricienne mesurant la section d'un câble avec un pied à coulisse dans un entrepôt industriel, illustrant le dimensionnement correct d'une ligne BAES

Comportement au feu du câble BAES : une exigence sous-estimée

Le câble alimentant un BAES n’a pas besoin de résister au feu aussi longtemps qu’un câble de désenfumage, mais il doit respecter les exigences de réaction au feu imposées par la réglementation des établissements recevant du public (ERP). En pratique, un câble de catégorie C2 (non-propagateur de la flamme) est le minimum requis.

Les retours terrain divergent sur ce point : dans certaines installations anciennes, les BAES sont raccordés avec du câble standard sans classement feu particulier. Lors d’une vérification par un bureau de contrôle, ce type de câblage peut entraîner une observation, voire une non-conformité si l’établissement est classé ERP.

Les fabricants de BAES récents, dont les blocs conformes à la norme NF EN 60598-2-22, précisent dans leurs notices que le câble d’alimentation doit être choisi en fonction du classement de l’établissement. Cette information est rarement reprise dans les guides de branchement en ligne, qui se concentrent sur la section sans aborder le comportement au feu.

Le dimensionnement correct d’une ligne BAES ne se résume pas au choix entre 1,5 mm² et 2,5 mm². La section maximale admise par les borniers, la longueur réelle du circuit, le nombre de blocs par départ et le classement feu du câble forment un ensemble de contraintes à vérifier avant chaque installation. Négliger l’une d’entre elles expose à une non-conformité que seule une vérification périodique révélera, souvent au pire moment.